DERAEDT, Lettres, vol.13 , p. 257

Non, la Revue ne fera pas la même chose que le *Pèlerin* – Plan d’une revue – Le Comité de Nîmes s’en tient à ses engagements.

Mon cher ami,

Que devient la Revue? Il me semble que si elle doit paraître, on manque en retardant une magnifique occasion de lui donner le jour. Que si vous renoncez à la publier, il serait convenable de nous le dire positivement(1). Non, la Revue ne fera pas la même chose que le Pèlerin. Non, nous ne donnerons pas notre concours aux publications des Vies des Saints dont l’idée nous a été volée, quand ici nous l’avions eue pour la Revue(2). Non, je n’approuve pas que l’idée du Budget des catholiques, que vous-même avez développée en présence du Comité de Nîmes, soit escamotée par le Pèlerin(3). Ce sont des procédés semblables, auxquels le P. Vincent de Paul a eu recours à Poitiers et dont je me suis plaint dans le temps(4). Il ne faudrait pas les voir se renouveler et croire qu’on s’en tirera toujours avec un trait d’esprit. Le Pèlerin doit être propagé dans le peuple; mais si ennuyeux que nous puissions être, la Revue atteindra une autre classe [de] lecteurs.

Voici une note(5) que j’avais rédigée avant la lettre du P. V[incent] de Paul, le 31 décembre. Ma lettre la complète. Je parle de la dernière que je vous ai adressée(6). Le Comité de Nîmes vient de se réunir, et je vous transmets son opinion unanime, surtout celle des Pères Emmanuel, Laurent, Edmond. Je désire qu’on veuille bien nous traiter sérieusement, et je désire qu’il soit bien entendu que, pour nous, nous ne rétractons rien de ce à quoi nous nous sommes engagés dans les réunions auxquelles vous avez pris part(7). Le P. V[incent] de Paul ne peut nous répondre de q[uel]q[ues] jours, mais vous pouvez daigner nous dire quelques mots, pour ne pas nous laisser le bec dans l’eau indéfiniment.

Adieu, et bien vôtre en N.-S.