Monseigneur,
Mes lettres subissent depuis quelque tem[p]s une telle surveillance à la poste, que j’ai dû prendre le parti de n’écrire pour les affaires sérieuses que par occasion; c’est ce qui m’a déterminé à vous faire parvenir un paquet relatif aux discussions de l’évêque de Montpellier par une voie indirecte sans que j’eusse le tem[p]s d’y joindre un mot pour votre Excellence.
Je tiens cependant à ajouter que le curé de Clermont-l’Hérault dont j’ai eu l’honneur d’envoyer le rapport à votre Excellence, est un très bon prêtre (2), connu pour sa timidité, et que, s’il a résisté aux sollicitations de son évêque, il faut que sa conscience eût crié bien fort pour l’alléger à pren- dre le parti de deux prêtres innocents (3).
Quant à l’abbé Artaud curé de Ceyras, je le connais depuis trente deux ans (4). C’est un véritable saint qui n’a qu’une seule chose en vue: la gloire de Dieu. Je crains que si le Pape ne fait pas quelque chose en faveur de ce pauvre clergé, la désaffection pour Rome ne vienne à la suite d’un es- poir déçu, d’une réparation nécessaire et non exigée.
Je suis avec un très profond respect. Monseigneur, de votre Excellence, le très humble et obéissant serviteur:

