Ma chère fille,
Je vais vous envoyer le règlement des Rosines. Il est, je crois, en italien, mais vous trouverez bien assez de monde pour vous l’expliquer. C’est par mégarde que je vous ai écrit, rue du faubourg Saint-Honoré.
L’abbé Bernard ne s’oppose pas, que je sache, à ce que d’autres que lui s’occupent de l’oeuvre du colportage, mais il y a là-dessous un petit mystère: c’est la Conférence de Saint-Vincent de Paul qui voudrait s’emparer de l’oeuvre. L’abbé Bernard répond: [[Faites, de votre côté, ce que vous voudrez; moi, je me tiens en dehors de vous]]. La raison qu’il m’a donnée, c’est qu’il y a été pris une première fois et qu’il ne veut pas l’être une seconde.
L’idée de vendre vos terrains un million est quelque chose de prodigieux. Plaise à Dieu que cela se réalise un jour! Ce serait trop beau. Soeur Jeanne-François se décide donc enfin à faire profession![i]
Je voudrais bien me mettre tout de bon à ma sainteté. Je cherche à m’approcher le plus possible du but, et puis je dégringole. J’ai fait pourtant de très beaux projets pour le mois de Marie. Dieu veuille que cela réussisse enfin!
Il me semble que je procède aujourd’hui par exclamations. Adieu, ma fille. Prenez-moi tel que je suis.
Vous ai-je écrit que j’ai vu Veuillot et qu’il m’a raconté des choses prodigieuses? A Rome, on est résolu d’aller en avant et de frapper ferme qui ce soit[2].
Adieu. Il faut que j’aille présider le Tiers-Ordre des Soeurs.

