Je suis heureux de vous savoir de retour, ma chère fille. Cette petite fièvre dont vous me parlez n’est, je l’espère, que l’effet de la fatigue du voyage. Elle se dissipera, il faut l’espérer, devant un peu de repos. Ici, je m’ occupe de régulariser notre petite oeuvre de Mireman. Je ne pense pas pouvoir aller à Paris avant le mois de novembre. Si je vais à Rome, je serai bien aise de m’entendre avec vous. Mais irai-je à Rome? Je vous avoue que j’aimerais autant y aller seul qu’avec mon évêque, à moins toutefois que, l’accompagnant une première fois, je n’établisse mes connaissances que j’emploierais à un second voyage. Sous ce rapport, une course préparatoire pourrait m’être très utile.
Il est très vrai que la protection de l’archevêque de Reims vous sera très utile, et que c’est un bonheur pour vous de l’avoir pour ami. Quant à moi, je commence à sentir le besoin d’être soutenu par une approbation de Rome. Des évêques me refusent des sujets précieux. Il faut courber la tête et ne rien dire. En tout la volonté de Dieu!
Je viens de prêcher une retraite aux professeurs des établissements ecclésiastiques du diocèse; ils étaient de vingt-cinq à trente. Je crois que j’y ai gagné un peu de bon vouloir, de la part de mon évêque. Mais à quoi se réduira-t-il?
Adieu, ma chère fille. Je vous quitte pour aller dire la messe.
Pour les ornements, expédiez-les tout bonnement par la diligence, si le frère de la Becque, qui part pour Nîmes le 20, ne peut les emporter.

