Je ne veux vous répondre qu’un mot que vous brûlerez. Voici une lettre pour Mme de Gastebois. Donnez-moi de vos nouvelles. Est-ce que vous ne m’en parlez pas, parce que je ne vous en dis rien depuis quelque temps? Ce serait fort mal à moi et puis à vous. Il est très vrai que je ne prie guère que pour votre âme. Tâchez donc de savoir si l’usage de la discipline ne serait pas un dérivatif du sang, comme les sangsues qu’on veut me faire mettre tous les mois.
Le P. Laurent me paraît bien empêtré avec le P. Ambroise. Je le plains, mais il l’a voulu, et il faudra que le P. Ambroise parte ou qu’il fasse des actes héroïques. Le P. Laurent vous dira la lettre que j’ai écrite au P. Ambroise et quelle nuance je lui ai donnée[2].
Quant au nonce, je ne donnerai pas dans son piège. Il est fin, je le serai plus que lui. Si je partais pour Paris, je montrerais que, malgré ma protestation, je suis disposé à me laisser vaincre. Je lui ai fait dire par du Lac que je le remerciais, mais que je suis impossible à Nîmes et que je ne veux rien. Si le Pape commande, j’obéirai, mais pas autrement. J’ai bien assez d’affaires, sans aller en chercher d’autres[3]. Adieu.
J’ai eu mon estomac en capilotade, mais je vais mieux.

