Ma chère fille,
Voici une très grosse affaire, mais pour vous seule. Je suis envoyé à Rome par mon évêque[1]. Je pars dès que je voudrai. Il m’est impossible d’aller à Paris, mais donnez-moi tous les renseignements pour l’affaire de vos règles[2]. Est-ce que vous ne pourriez pas venir?[3]. Ce serait un bon prétexte pour voir bien des choses, dans l’hypothèse que vous vous établiriez ici un jour.
Si vous voulez parler au P. Jelowicki[4], priez-le d’écrire deux mots confidentiels à Rome aux siens. Mais veulent-ils la réunion? Je me permets d’en douter.
Adieu, ma fille. J’ai voulu vous écrire moi-même ces quelques lignes, quoique écrire me fatigue. J’ai pu pourtant dicter tout l’essentiel de nos Constitutions[5] et j’espère avoir terminé avant mon départ, quoique je ne me propose pas d’emporter une approbation complète. Adieu, ma fille. Priez pour moi et croyez que mon silence ne part pas de mon coeur qui vous est toujours plus dévoué.

