Mes très chers Frères,
La divine Providence ne voulait pas que le veuvage de l’Eglise de Nîmes se prolongeât trop longtemps. Bientôt nous posséderons notre nouveau pontife. Il y a, quelques jours à peine, l’antique basilique de Saint-Jean s’ouvrait pour recevoir une auguste assemblée de prélats accourus de divers points de la France, pour témoigner à celui qui allait recevoir l’onction sainte leur sympathique affection[1]. C’étaient des évêques, enfants de la même ville que Mgr Plantier et qui voulaient comme consacrer avec lui les liens d’une double fraternité: ceux d’une origine commune et ceux de l’épiscopat. C’était un pontife, longtemps l’un des membres les plus distingués du clergé de Nîmes. C’était un confesseur de la foi, exilé pour la cause de Jésus-Christ. C’était, enfin, un prince de l’Eglise romaine, que tant de titres rendent cher à notre diocèse[2].
Ce qui s’est passé, pendant l’auguste cérémonie de sa consécration, dans l’âme de celui qui recevait la plénitude du sacerdoce, lui-même vous le dira sans doute. Pour nous qui avons entendu si souvent répéter que l’Eglise de Lyon perdait une des perles les plus précieuses de sa couronne, nous ne pouvons que nous réjouir, non de la perte faite par un diocèse si riche d’ailleurs, mais de l’assurance que bientôt nous serons dédommagés de ce que, nous aussi, nous avons perdu.
Livrons-nous donc, nos très chers Frères, aux plus douces espérances, et forçons le ciel à les réaliser par la ferveur de nos prières et par les dispositions de foi, d’obéissance et d’amour, avec lesquels nous recevrons celui qui va répondre devant Dieu de nos âmes.
A moins d’empêchement imprévu, Mgr Plantier fera, jeudi 29 novembre, vers 9 heures du matin, son entrée solennelle dans sa ville épiscopale. Nous invitons Messieurs les prêtres du diocèse qui n’en seront pas empêchés à venir saluer, à son arrivée, notre nouveau prélat.

