Je n’ai rien à vous dire, ma chère fille, qu’un tendre petit bonjour. Ma tête ne va pas trop mal. Le fait le plus étonnant de mon existence à Lavagnac, c’est que j’ai tiré sur un oiseau de proie au vol quand mon fusil n’était pas prêt, et je l’ai manqué. Du reste, nous avons un soleil splendide et de la glace sur la terre. Je me figure que je pourrai préparer un noviciat. Si Dieu le veut, cela se fera dans deux ou trois mois[2].
Adieu, ma fille. Croyez donc que vous êtes appréciée plus que vos doutes ne vous permettent de le supposer. J’oubliais de vous dire que j’ai découvert une petite intrigue contre moi. Le courrier m’en a apporté la preuve, ce matin. Vous ferez très bien de parler à M. de Berty avec […][3]. M. Gouraud pourrait en profiter pour lui dire la vérité[4].
Adieu et tout à vous comme Notre-Seigneur sait.
J’ai écrit à Soeur Marie du Saint-Sac[rement] par Soeur Th[érèse-]Emmanuel.

