Ma chère fille,
Je dirai la messe pour Madame votre belle-soeur lundi et mardi prochains. Je m’intéresse trop à tout ce qui vous touche de près ou de loin, pour ne pas prendre une part très vive à l’avenir chrétien de votre petit neveu ou petite nièce(1).
Il me semble que vous avez très bien parlé au nonce et je serais ravi que vous vissiez du Lac. Expliquez bien à ce dernier ma position auprès de l’évêque. Je la crois très bonne, malgré certains efforts incroyables de la part de certaines gens(2).
Croyez-vous que l’homme d’affaires de mon père sort d’ici pour me dire que ma famille viendrait à mon secours, à condition que je ferais venir les 50.000 francs avancés au P. Laurent et que je fermerais la maison de Nîmes? J’ai répondu qu’à ces conditions je fermerais à moi seul la maison de Nîmes et que, écartant ma mère dont la volonté m’est connue, mon père que son âge rend incapable de prendre une décision, je voulais réserver ma liberté envers mes soeurs, afin que, au moment du partage, je pusse agir avec elles comme elles auraient agi envers moi, et d’aller ric à ric, si elles n’imitaient pas l’exemple que je leur ai donné. On est allé porter cette réponse. J’ignore quel en sera le résultat.
Adieu, ma fille. J’ai la tête un peu grosse, je vais me promener.
E. D’ALZON
Je m’attendais à des explications, je n’ai rien vu de toute la journée. Poussez un peu Mgr Sibour pour notre approbation. Ne pourrait-il pas la faire [par] son cousin?(3)

