Ma chère fille,
Dieu soit béni des bonnes dispositions où vous êtes! Que de temps perdu avant d’y arriver! Entrez dans cette voie de l’amour, perdu dans l’amour de Notre-Seigneur. Ecoutez-le, obéissez-lui amoureusement, et que toute votre puissance d’aimer ressuscite dans cette transformation de votre âme, comprenant enfin ce que c’est qu’être épouse de Jésus-Christ.
Je prie pour vous et suis bienheureux de vous voir là où je vous souhaitais depuis si longtemps. Quand vous me disiez que vous ne pouviez plus aimer, vous me dépitiez un peu, car j’étais sûr du contraire. Allez selon la voie qui s’ouvre devant vous, dans la prière, le dépouillement et dans tous les désirs que l’amour de Dieu allumera dans votre coeur.
Je vais mieux, il me le semble du moins, mais je suis résolu à me ménager. Voilà une lettre pour Jeanne.(1) Ecrivez-moi à Lavagnac, j’y serai dans quatre jours. La lettre que je vous ai envoyée est, en effet, bien bonne.(2) J’ai offert un rendez-vous pour le 20 octobre. J’envoie le Fr. Hippolyte à Paris pour inspecter les comptes de Clichy. Cela a trop bien réussi à Nîmes, pour que je ne le fasse pas partout.(3)
J’apprends, ce matin, l’état de la pauvre Soeur Marie de la Croix.(4) Cette mort, si la sainte Vierge la prend, m’attristera sans doute, mais me donnera l’espoir d’une bénédiction spéciale de Dieu sur la maison de Nîmes.
Adieu, ma fille. Tout vôtre avec un coeur bien joyeux du bien qui vous a été [fait], et de la manière dont vous en avez profité.

