Ma chère fille,
Laissez-moi vous dire toute le part que je prends à vos angoisses. Hélas! peut-être sont-elles déjà douloureusement terminées? On ne se doutait donc pas de la maladie de la pauvre Soeur Marie de la Croix. Son père est-il arrivé? Et s’il l’est, l’a-t-on logé chez nous? Il me semble que ce serait convenable. Je lui avais du reste offert l’hospitalité. Tout ce que je dis là arrivera peut-être trop tard. Si on y est à temps, engagez M. de Cabrières à proposer à ce pauvre homme de venir chez nous, il sera mieux qu’à l’hôtel. Dites à cette chère Soeur, si le bon Dieu vous la conserve, combien je prie pour elle. Si je pensais que ma présence lui fît plaisir, j’arriverais bien vite. Ecrivez-le moi tout bonnement à Lavagnac, où je serai dans quatre jours.
Je ne vous parle pas de vous, qui ne vous attendiez guère à une pareille épreuve. Vous devez être bien brisée. N’est-ce pas qu’il est bien cruel d’être mère à certains moments? Enfin, Notre-Seigneur est là pour nous donner des forces, si nous savons bien les lui demander.
Tout à vous, ma chère fille, avec un coeur qui partage bien profondément les afflictions du vôtre.

