Ma chère enfant,
J’ai dit hier la messe pour vous. C’est vous dire que je pense à vos souffrances. Je pense que Notre-Seigneur serait bien plus content, si, au lieu de vous y complaire, vous preniez la résolution de vous unir très amoureusement à sa croix pour la porter avec lui. Qu’est-ce qu’une créature peut souffrir, en comparaison de ce que Notre-Seigneur a souffert? Et, quand on a le bonheur d’être au nombre de ses épouses, que peut-on refuser à un pareil époux? Ce bon Maître vous demande d’être toute sienne dans la solitude et le délaissement; soyez ce qu’il veut et comme il le veut.
Nous sommes établis à la Thuilerie. Nous y sommes assez pauvrement, quoique la supérieure fasse tout ce qu’elle peut pour nous fournir tout ce qui nous est nécessaire. Nous sommes installés dans l’ancien bâtiment; le nouveau, qui sera très monastique, s’élève peu à peu…(1)
Je prie souvent pour vous et j’espère que, quand je retrouverai ma chère fille, elle sera une sainte. Adieu. Je vous bénis du fond du coeur.

