Mon cher ami,
Je suis heureux que vous passiez votre examen plus que vous ne pensez(1). Restez à Rome quelques jours de plus, je n’ai pas besoin de vous de suite. Si M. Chaillot veut se charger de votre dépense, peut-être pourrons-nous arranger bien des choses(2). Du reste, je tiens à lui être agréable. Mais si vous veniez, je tiendrais à vous garder jusqu’au mois de décembre, afin de me servir d’aide de novices pendant quelque temps. Dans ce cas aussi, je vous donnerais les Frères Raphaël et Vincent pour leurs études théologiques. Ainsi vous retourneriez à Rome en décembre ou en janvier, vous ramèneriez les Frères Raphaël et Vincent.
Quant aux Facultés de théologie, vous pouvez dire à qui de droit que le ministre des Cultes m’a dit, vers le 10 janvier dernier, que la bulle allait arriver, mais qu’il avait l’intention d’en modifier les conditions, parce qu’il n’entendait pas recevoir la loi de Rome. Je me hâtai de dire cela au nonce, qui eut l’air fort surpris. Peut-être en a-t-il tenu compte. Vous pouvez, en offrant mes hommages au card[inal] d’Andrea, lui fournir ce renseignement ou le faire arriver par M. Chaillot. Je crois qu’il sera utile de ne donner la bulle que lorsqu’on saura bien que le gouvernement ne la mutilera pas(3).
Adieu. Je vous embrasse de tout coeur.
E.D’ALZON.
Vous ai je dit que nous allons peut-être avoir quatre ou six novices?
Le Père Galabert

