Ma chère fille,
Puisque vous êtes si heureuse d’être religieuse, il faut l’être jusqu’au bout et s’immoler, non comme vous l’entendez, mais comme Notre-Seigneur l’entend. Je vous engage, pendant votre retraite que vous allez faire, à méditer sur les dons du Saint-Esprit, et surtout sur la sagesse, l’intelligence, le conseil et la force. Quant à la science, la piété et la crainte de Dieu, nous verrons plus tard.
Si, après vos répugnances pour la vie religieuse, vous êtes heureuse d’être épouse de Notre-Seigneur, j’en conclus que vous êtes obligée à travailler mille fois plus à acquérir un très immense et très paisible amour de Notre- Seigneur, dans lequel vous vous porterez vous-même et vous rendrez fécondes les vertus des autres, pour étendre le règne de Notre-Seigneur, selon qu’il l’entendra. Voilà, ou je n’y connais rien, l’état où vous devez tendre(2).
Je regrette bien sincèrement de ne pas être à Paris pendant le voyage que vous allez y faire, et de ne pas vous y faire un peu de bien. J’y ai trop de joie.
Adieu, ma fille, au mois de janvier. J’espère bien qu’à cette époque j’aurai le plaisir de vous voir.
Tout vôtre, avec la plus grande affection en Notre-Seigneur.
E. D’ALZON.
Soeur M. du Saint-Sacrement

