Cette lettre vous sera remise par Mlles Combié et Fabre(1), mes deux filles spirituelles et, par conséquent, vos soeurs, que vous avez vues à ma messe; vous leur serez courtois.
Cher ami,
Vous avez pleins pouvoirs pour le cuisinier. Puisque nous logerons au Viminal, vous aurez la bonté de faire préparer toutes choses, moins les draps, serviettes et couverts que nous emporterons nous-mêmes. Peut-être quelques prêtres préféreront-ils loger en ville? Ce sera leur affaire. On vous écrira encore; d’ici là, vous aurez des paravents pour protéger les timides.
Depuis ces quelques lignes écrites, nous avons reçu plusieurs lettres de vous; vous êtes le plus délicieux commissaire qu’on puisse trouver sous la calotte du ciel. Votre inventive me met dans l’enthousiasme et me rend fier, tout comme si c’était moi qui l’avais(2). Quant au commissaire nîmois, ni moi, ni M. Barn[ouin], nîmois qu’il est, ne pouvons guère partir(3). Si vous pouvez trouver quelques chambres à louer autour de l’Impériale, je crois que quelques gros bonnets les prendront; mais enfin, il ne faut pas trop se tourmenter.
Les MM. Bouisse et M. Corrieux(4) font partie de la caravane. Vous pouvez le dire à M. Bouisse en lui offrant mes plus affectueux compliments et mes plus sincères remerciements. Je pense que M. Barre vous enverra les renseignements nécessaires, sinon par le courrier de demain, au moins par celui de jeudi. Nous apporterons les draps avec nous. Vous vous êtes procuré des domestiques pour les chambres, je le présume. Adieu, et admirable mais non moins désiré fils, qu’il me tarde de vous revoir!

