Je ne puis vous dire, ma chère fille, le chagrin de vous savoir si près(1) et de ne pas aller vous voir. Enfin, je profiterai de ce que vous me dites pour le card[inal] Wiseman(2). Quant au card[inal] Barn[abo], je suis tout à fait de votre avis, et, voyez un peu, je trouve tout naturel qu’il ait cette idée(3); mais je crois pouvoir la détruire assez aisément. Je suis, du reste, au courant de tout, mais j’accorde qu’il faut que je fasse un peu plus à ma tête et un peu moins à celle des autres.
Hélène Bolze perd ici son temps. Thérèse de Rocher entre cette semaine. Si vous pouviez les faire partir au plus tôt, ce serait pour le mieux. Faut-il que je ne dise rien pour les voeux de trois ans et les voeux perpétuels(4)? Tout cela est-il entièrement dans les idées de Rome? Je me permets de vous rappeler que je tiendrais beaucoup à ce que nos Pères, sauf le P. O’D[onnel], passassent août et sept[embre] à Nîmes(5). Le P. Jérôme ne pourrait-il pas remplacer pour les confessions? Je pourrais le lui demander.
Mon adresse, à Rome: Casa dell Imperiale presso Sta Maria Maggiore. Veuillez dire à Soeur M. du Saint-Sacrement toute ma joie d’espérer pouvoir la voir un peu plus souvent(6). Si, ce qui est possible, la santé de mon père me retient et empêche mon pèlerinage, j’irai passer quarante-huit heures à Lyon. Le voulez-vous? Nous sommes 54 pèlerins.
Adieu, ma fille.

