Ma bien chère fille,
Votre lettre du 3, que j’ai reçue hier soir, m’a un peu déchiré l’âme. Vous n’en pouvez plus; je voudrais vous porter dans ces rudes moments et je n’ose pas. Je ne sais si je ne vous ferais pas du mal, comme dans tant d’autres occasions où je voulais vous faire du bien. Je désire au moins que vous sachiez que j’ai compris votre cri de détresse et que je voudrais bien vous être bon et amical(1).
J’ai reçu hier un avertissement du préfet pour une lettre écrite par moi, que l’on a dénaturée pour la rendre nulle et insignifian- te(2). L’évêque veut que j’entame une lutte pour faire partir le préfet. Ceci est grave.
L’Assomption va bien. Adieu, ma fille. Je n’ai pas une minute, mais je voulais vous dire que quand je vous vois abattue, je me sens bien père.

