Madame,
Vos deux protégées sont arrivées à très bon port. Marie est tout à fait accoutumée. Quant à Hortense (1), elle est si nerveuse, si pleureuse, si difficultueuse, que je ne sais si elle pourra s’accoutumer. C’est une Imagi-native un peu folle. Nous verrons. Vous me demandez. Madame, mon im-pression sur Pierre. C’est un excellent jeune homme de qui vous ferez ce que vous voudrez avec de la patience et de l’affection. Il est plein de moyens, il faut qu’il les développe et pour cela, il faut peut-être consulter ses goûts. Il a un cœur d’or. Avec cela on devient un homme quand on est bien dirigé. Pour moi je suis plein d’espoir à son égard. A l’instant on me prévient qu’Hortense veut partir. Nous ne nous y opposons pas, à cause de toutes les excentricités qu’elles a faites. Marie au contraire est plus que ja-mais décidée à rester. Je crois que la présence d’une compatriote si peu rai-sonnable l’humiliait passablement.
Veuillez agréer. Madame, l’expression de tous mes remerciements pour toutes les peines que je vous donne et croire à mon plus respectueux attachement.

