Le soir, avant de s’endormir.

Vous avouerai-je en toute simplicité que le meilleur moment pour moi est surtout le soir, au moment de m’endormir. Il ne faut pas beaucoup d’efforts pour se laisser aller à penser à ce bon Maître, dont on tient l’image entre les mains. On lui dit qu’on l’aime; on lui demande pardon de ses sottises; on est tout à coup frappé de ce pardon qui tomba du haut de la croix; comme un remords, on pense au mal que le péché lui a fait, au temps que l’on a perdu, aux grâces que l’on a reçues; on le remercie de ses bienfaits; on lui fait des promesses enflammées; on rougit d’être dans un bon lit, quand il est mort, lui, sur un gibet; on s’excite à l’aimer, à réparer le temps perdu. On adore Dieu le Père en lui présentant son Fils; on invoque le Saint-Esprit qu’il nous a envoyé; on prie pour l’Eglise qui naquit sur le Calvaire; on rougit d’être si mauvais chrétien; puis on prend courage dans la pensée de l’amour et de la puissance de Dieu, et, si le sommeil n’est pas venu, on trouve le temps court en pareille compagnie.