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Quel est l’héritage de Bruno Chenu ?

A l'occassion de la 10ème journée "Bruno Chenu", La Croix a rencontré J-F Petit.
Quel est l’héritage de Bruno Chenu ?

© Brigitte CAVANAGH/CIRIC

 

Louis de COURCY, du quotidien La Croix, a rencontré le  P. Jean-François Petit, Assomptionniste, théologien et enseignant à l’Institut catholique de Paris

« Le P. Bruno Chenu, théologien assomptionniste, ancien rédacteur en chef religieux de La Croix, est mort en 2003. Depuis, nous organisons chaque année une journée Bruno Chenu. L’un des thèmes que nous avons abordés, par exemple, est le souci de la justice et de la paix. Bruno Chenu travaillait au service Justice et Paix, il était très reconnu sur ce terrain. Il l’était également dans un autre domaine : la théologie noire, ce qui a donné lieu à une autre journée. Je me souviens aussi d’une journée en lien avec les amis du P. Henri Bourgeois sur des questions de théologie pratique et de présence aux enjeux concrets de l’Église en France. En dix ans, nous avons fait tout un parcours, grâce à l’héritage spirituel et intellectuel original qu’il nous a laissé.

Cette année, le thème de la journée s’intitule « Églises en dialogue ». Pourquoi Bruno Chenu est-il si représentatif d’une volonté de dialogue ? Il est, en fait, un très bon représentant de la théologie post-conciliaire. Il a vécu de près toutes les orientations mises en place par Vatican II et il en fut le promoteur à sa manière, à la fois par le travail théologique qu’il a mené et par son rôle de journaliste. Il nous aide aujourd’hui à prendre un peu plus conscience de la valeur du Concile. Ce dernier a été porté en France par un certain nombre de pionniers, qui étaient déjà engagés avant le Concile, les Chenu (Marie-Dominique), Congar, de Lubac, etc. Mais la réception de l’esprit conciliaire n’aurait pas été aussi forte si des gens comme Bruno Chenu, peut-être moins connus sur le plan strictement théologique, n’avaient pas, par porosité, infusé l’esprit de Vatican II.

Il n’y a pas encore eu de grandes thèses sur Bruno Chenu, mais les travaux engagés par les étudiants assomptionnistes, notamment, montrent qu’il y a tout à fait matière. Il était en première ligne sur les théologies du tiersmonde. Sa bibliothèque à Valpré, dans la région lyonnaise, est sans équivalent aujourd’hui. Nous aimerions que davantage de gens puissent engager des travaux à partir de ses livres et de ses archives personnelles, puisqu’il a conservé de véritables pépites. Bruno Chenu se documentait énormément : il avait établi, pour tous les sujets qu’il traitait, des dossiers considérables. Il avait le souci du détail, ce qui donnait, d’ailleurs, une force à ses intuitions, grâce, en plus, à un style très travaillé.

Sans être un systématicien pur et dur, il développait des lignes de force sur lesquelles il est sans cesse revenu : présence aux pauvres, souci d’articuler l’Église et le Royaume, souci de la mission. Il connaissait très bien le monde noir, il était passionné par l’œcuménisme : ce n’est pas un hasard s’il fut coprésident du Groupe des Dombes.

Je le perçois comme homme de l’Église et homme de son temps. Sensible aux événements comme à la présence de Dieu. Il a eu ce double souci qu’il a croisé avec les savoirs de l’époque. »

 

(1) 10e Journée Bruno Chenu : « Églises en dialogue, en fidélité à Vatican II », samedi 20 avril 2013, de 9 heures à 17 heures. Centre Valpré, 1 chemin de Chalin, 69130 Écully. Tel. : 04.72.18.06.86.

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Quel-est-l-heritage-de-Bruno-Chenu-2013-04-19-950230

"Au service de la vérité", nouveau livre de recueil de texte de Bruno Chen

Le site sur Bruno Chenu