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Etienne Pernet, assomptionniste au service des plus petits

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(1824-1899) Un fils du P. d'Alzon, fondateur des P. S. A.

Claude-Etienne Pernet est né le 23 juillet 1824 à Vellexon (Haute-Saône): il est le fils de Claude-Louis, maréchal-ferrant, et de Madeleine Cordelet. Il est pris en charge pour son éducation par le prêtre du village, l'abbé Guillaume, qui l'envoie après la mort de M. Pernet en 1838 à l'école de Membrey.

Le 3 novembre 1840, il entre au séminaire de Luxeuil, en 1842 au séminaire de Vesoul où il étudie la philosophie et en 1843 à celui de Besançon (Doubs) pour la théologie.

Doux, timide, modeste, il est effrayé par la responsabilité du sacerdoce, il quitte le séminaire et accepte à 22 ans un préceptorat à Dôle (Jura) chez Mme de Fontenelle et dans une maison ecclésiastique d'éducation. Dans l'espoir de trouver un poste plus définitif, il séjourne à Paris en 1849 et entre en relation avec M. Marie-Eugénie de Jésus qui le dirige vers le P. d'Alzon en recherche de professeurs. C'est ainsi qu'Etienne remet prend le chemin de Nîmes (Gard) et devient surveillant au collège de l'Assomption.

Bachelier en août 1850, il raffermit son projet de vocation religieuse au sanctuaire de Rochefort-du-Gard et se donne à la Congrégation naissante du P. d'Alzon. A sa suite, le 25 décembre 1850, il prononce ses premiers vœux avec quatre autres compagnons et, le 25 décembre 1851, ses vœux perpétuels.

En 1852 il est préfet de discipline au collège. En octobre 1852, le P. d'Alzon l'envoie à Paris au nouveau collège de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, collège transféré à Clichy en 1853.

Tout en s'adonnant à sa fonction d'enseignant, le P. Pernet se prépare à l'ordination sacerdotale, conférée le 3 avril 1858 par Mgr Nanquette, évêque du Mans. De 1858 à 1863, il continue les mêmes fonctions dans les différentes implantations plus ou moins éphémères de l'Assomption: Rethel dans les Ardennes en 185 8, Clichy, Auteuil et Paris. A Nîmes, il entraîne les élèves du patronage à s'intéresser aux misères sociales de l'Enclos-Rey.

Peu à l'aise dans le monde scolaire, il est heureux d'être envoyé en renfort au P. Picard dans la capitale pour s'y occuper de ministère, à partir de la chapelle de la rue François Ier (octobre 1863). Il y fait la connaissance en mai 1864 de Mlle Marie Maire et de Mlle Antoinette Fage avec lesquelles il songe à fonder une congrégation religieuse d'infirmières pour les pauvres, à domicile. Il les établit dams des logements provisoires, rue Saint-Dominique, rue Vanneau, impasse Gaillard ou encore à Monceau avant le choix du n° 57 de la rue Violet (avril 1870) qui devient le siège de la maison-mère. Le but de l'œuvre est clairement défini: soigner les malades, gratuitement, à domicile. Les premières religieuses prononcent leurs vœux le 22 septembre 1866. Le P. remet trouve en Antoinette Fage l'instrument privilégié et correspondant pour donner à cette oeuvre son assise, son esprit et sa pierre de fondation, avouant quelques années plus tard: "Comme Jacob, j'ai dû attendre 14 ans ma Rachel", signifiant par là le temps qui lui a été nécessaire pour trouver sa voie propre dans la vie religieuse, dans le sacerdoce et dans l'Assomption. Encouragé par le P. d'Alzon qui admire cette fondation de foi et de charité, le P. Pernet se trouve à Rome au concile de Vatican 1 comme théologien.

En août 1870, il se porte aumônier militaire volontaire à Metz (Moselle) tandis que les sœurs de Grenelle établissent dans leurs murs une ambulance de guerre. Il est d'abord arrêté à Metz comme espion. Libéré, il suit les militaires français prisonniers jusqu'à Mayence. En mars 1871 il rentre à Paris au moment où se déclenche l'insurrection de la Commune. Arrêté, il faillit être fusillé et ne doit la vie sauve qu'à la recommandation d'un ami qui le fait sortir du commissariat de police. Pour le protéger, le P. Picard l'envoie à l'orphelinat d'Arras, auprès du P. Halluin. Les troubles apaisés, le P. remet retrouve sa résidence à Paris et dès lors sa vie se confond avec celle de sa fondation religieuse.

Du vivant de la co-fondatrice, quatorze communautés sont fondées: Monceau (1870), Saint-Louis d'Antin (1871) transféré aux Batignolles, Saint-Roch (1874), Levallois-Perret (1875), Belleville (1875), Belleville (1876), Creil (1877), Sèvres en 1877 où Mère Fage prononce ses vœux perpétuels le 5 octobre 1878, Choisy-le-Roi (1879), Puteaux (1879), Perpignan (1879). En juin 1880, il part en Angleterre installer des Petites Sœurs à Bow, à l'est de Londres, première fondation hors de France.

Le mouvement ne s'arrête pas: Issy-les-Moulineaux (1880), Montmartre (1882), transféré à Clignancourt, Lyon (1883). Le P. Pernet crée la Fraternité du Salut qui travaille à remettre en honneur dans les foyers les valeurs chrétiennes.

En 1875, la première règle est approuvée par l'Ordinaire de Paris, Mgr Guibert. Le 18 septembre 1883, meurt la co-fondatrice, Mère Fage à laquelle succède Mère Marie du Saint-Sacrement, alias Eugénie Jacobs (1853-1922).

En 1884, il fonde les Filles de Sainte-Monique, anciennes malades soignées par des sœurs et devenues mères de famille. De 1885 à 1899, il se multiplie à travers la France et l'Europe pour fonder de nouvelles communautés de sœurs et des Fraternités.

En 1891 il traverse l'Atlantique pour une première fondation aux U.S.A auprès de laquelle se dévoue le P. Henri Brun, un compagnon de la première heure.

En 1896, à la demande de Mgr Vannutelli, protecteur de l'Institut, il a la joie d'installer une communauté à Rome et de rencontrer en audience privée le pape Léon XIII, le 9 mars. Le 2 avril 1897, il reçoit la première marque romaine d'approbation, le bref laudatif.

C'est à Grenelle, rue Violet, que meurt le P. Pernet le 3 avril 1899, jour anniversaire de son ordination sacerdotale.
Il est inhumé dans la crypte de la chapelle, rue Violet.

A cette date, les Petites Sœurs sont au nombre de 319, réparties en 30 communautés. Le 3 août 1901, sont approuvées les Constitutions des Petites Sœurs et avec elles, l'Institut. En janvier 1903, sort le premier numéro de la revue 'Le pain de chez nous'. De 1903 à 1911, les Petites Sœurs affrontent en France procès, poursuites judiciaires et condamnations.

En 1931, la cause du P. Pernet est introduite à Rome, après le procès diocésain.
En 1947, les Petites Sœurs décentralisent l'Institut en établissant un régime provincial.
Le 14 mai 1983, un décret pontifical proclame le P. Pernet vénérable.

Trait de vie, Xavier Feuillant. Le Gaulois. 28. 03 1903.

"En 1870, pendant le siège de Metz, le jour de la bataille de Ladonchamps, le général Halna du Fretay, près de qui j'étais attaché, m'envoya en reconnaissance vers le château. J'arrivai à un endroit où les chasseurs à pied de la garde impériale étaient très chaudement engagés. le feu de l'ennemi, très violent à cet endroit, faisait de grands ravages au milieu d'eux, ce qui ne les empêchait pas d'avancer à l'assaut du château, dont il s'emparèrent à la baïonnette.

J'allai continuer ma route lorsque je vis au milieu d'un tas de blessés un prêtre accroupi soutenant un chasseur dans ses bras. l'endroit était tellement dangereux, je le vis si exposé que je ne pus m'empêcher de m'arrêter une minute: j'avais reconnu la pèlerine et le petit capuchon des Assomptionnistes, ayant été élevé dans leur collège à Clichy. En relevant la tête, je reconnais le P. Pernet, mon ancien professeur. Il me dit: 'Je donne le passeport à ces pauvres enfants qui vont paraître devant Dieu. Ne restez pas là ou bientôt je vous donnerais le vôtre'. Eh bien, mon Père, vous croyez-vous à l'abri des balles et des obus? 'Oh! moi, que la volonté de Dieu soit faite, je dois être près de ceux qui souffrent...".

Bibliographie et documentation:

  •     Souvenirs, 1899, n° 385, p. 45-52; n° 387.
  •     Catholicisme, t. X, co1. 1266-1267.
  •     H. Galeran, Croquis du P. d'Alzon, p. 345-358 (évocation du P. Pernet).

Il existe de très nombreuses biographies et études sur le P. Pernet, indépendamment de celles qui sont centrées sur sa fondation, les Petites Sœurs de l'Assomption:

  •     P. Pernet, édit. Rondelet, 1901;
  •     Matthieu Lombard, 1911;
  •     E. Federici, 1940;
  •     Gaétan Bernoville, 1944;
  •     Madeleine Legoët, 1948;
  •     Ferdinand Morsink, 1952;
  •     Sr Humbert, 1954, 1960, 1962;
  •     Richomme, 1958; Remi Kokel, 1962;
  •     Touveneraud, 1966.

On trouve sur le P. Pernet et la congrégation des P.S.A. brochures, plaquettes, traductions en nombreuses langues, même en chinois (1944).

Les écrits du P. Pernet (Instructions, conférences, prédications, livres de règle, correspondances...) sont intégrés dans une banque de données informatique par les soins de la Congrégation des Petites Sœurs de l' Assomption, 57 rue violet à Paris.

Sa cause, entièrement reprise en 1959, a donné lieu aux productions d'usage: positio, sununarium, dactylographie des écrits...

Ce texte provient de : P. Jean-Paul Périer-Muzet, Notices biographiques des religieux de l'Assomption, 1850-2000, Tome premier, lettres N-Z, pp. 2407& 2408.