DIRECTOIRE – Sage, ECRITS SPIRITUELS, Directoire

Nous ne devons jamais oublier dans nos rapports avec le prochain les exigences de notre devise: <>.

Informations générales
  • ES-0107
  • DIRECTOIRE
  • TROISIEME PARTIE, DES MOYENS
    CHAPITRE XIV, DES RAPPORTS AVEC LE PROCHAIN
  • Sage, ECRITS SPIRITUELS, Directoire
Informations détaillées
  • 1 BAVARDAGES
    1 CHARITE ENVERS LE PROCHAIN
    1 COMPORTEMENT
    1 FAMILLE
    1 FRANCHISE
    1 HUMILITE
    1 LUTTE CONTRE LE MONDE
    1 PARLOIR
    1 PRATIQUE DE L'OBEISSANCE
    1 PRUDENCE
    1 QUATRIEME VOEU DES ASSOMPTIONNISTES
    1 SALUT DES AMES
    1 SUPERIEUR
    1 ZELE POUR LE ROYAUME
La lettre

I

Que dans toutes leurs relations extérieures les Frères se représentent l’édification qu’ils peuvent procurer, comme aussi le scandale dont ils peuvent être cause, si en tout ils ne se comportent pas comme de vrais religieux.

Que tout soit modeste dans la tenue des religieux, dans leurs habits, dans leur mobilier; que la modestie se fasse surtout sentir dans leurs rapports avec le prochain. Qu’ils se souviennent que la modestie les montre aux hommes comme maîtres d’eux-mêmes, des copies vivantes de Jésus-Christ, et fait de leur tenue une prédication plus efficace souvent que celle des discours.

II

Ma vie ne doit pas se passer dans un cloître, et puisque je suis appelé à avoir certaines relations, le quatrième voeu m’oblige à les sanctifier autant qu’il dépend de moi. Quel est le saint qui a aimé Notre-Seigneur et qui n’a pas aimé ardemment de lui attirer des âmes, soit par la prière, soit par l’austérité, soit par la parole?

Le retentissement de ma parole est restreint, sans doute; mais si dans les visites que je reçois je parlais un peu plus des matières qui ont trait au salut, que de dangers je conjurerais, que de conversations inutiles j’écarterais, que de temps perdu j’éviterais! Sans doute, je puis parler d’autre chose que de piété, mais j’oublie peut-être trop que si la piété n’est pas l’âme de la conversation d’un religieux, les personnes du monde en seront d’abord étonnées, puis satisfaites par la manière dont une conversation mondaine, tenue dans un parloir, justifie leurs conversations habituelles. Elles en tirent une sorte d’avantage, dont le résultat n’est certes pas l’estime de celui qui a autorisé, par son langage, un langage qui finit trop souvent par n’être rien moins que chrétien.

Au contraire, si dans mes rapports avec le prochain je n’ai en vue que le bien des âmes, le triomphe de Notre-Seigneur, combien de choses bonnes, utiles, je dirai sans en avoir l’air; que de bons sentiments je communiquerai par ma seule tenue; que de jugements peu charitables j’arrêterai, rien que par mon silence!

Sans doute, je puis ne pas avoir le don de bien parler de Dieu, mais je dois avoir la vertu de me taire; et si je puis espérer que mon action sera utile, pourquoi le zèle dont je dois brûler pour Notre-Seigneur et pour son Eglise ne me suggérerait-il pas le moyen d’édifier ceux que je suis obligé de voir?

C’est surtout aux membres de ma famille que je puis faire du bien, et puisqu’ils viennent me chercher, ne puis-je pas profiter de ma position pour leur parler, avec affection sans doute, mais avec force, de leur salut? Dans tous les cas, je dois me bien persuader que leur tendresse les rend très exigeants, et que la moindre imperfection qu’ils découvrent en moi est pour eux une sorte de triomphe qui les dédommage de la peine qu’ils ont pu avoir de me laisser entrer en religion.

Les parloirs ne m’ont-ils pas souvent amolli le coeur par la longueur de certaines visites, par certains entretiens prolongés et inutiles à la fois?… Ne m’y suis-je pas livré à la curiosité, et mes questions n’ont-elles pas excédé les bornes de la discrétion religieuse?…

Le bien que je puis faire, le mal que je puis commettre dans ces relations avec le dehors me prouvent la nécessité de la prudence, et combien il importe qu’en ceci l’obéissance me guide par la bouche de mes Supérieurs. L’expérience montre tous les jours que, pour vouloir trop bien faire, on fait souvent très mal, et telle est la raison pour laquelle, tant que mes Supérieurs ne m’auront pas assuré que je puis aller de moi-même, je dois me faire guider, et pour cela m’ouvrir à eux avec la plus entière franchise, sur tous mes rapports avec le prochain, ainsi que, du reste, la Règle me le prescrit.

Notes et post-scriptum