Périer-Muzet, Lettres, Tome XV, p. 49.

12 sep 1850 Lavagnac O_NEILL_THERESE Emmanuel ra

Le prêtre que je vous destine pour l’Angleterre – Trouvez-nous des sujets.

Informations générales
  • PM_XV_049
  • 0+711 b|DCCXI b
  • Périer-Muzet, Lettres, Tome XV, p. 49.
  • Orig.ms. AC R.A.; D'A., T.D. 20, pp. 170-171.
Informations détaillées
  • 1 AUMONIER
    1 PRETRE
    2 LEEDS, DUCHESSE DE
    2 MILLERET, MARIE-EUGENIE
    2 NEWMAN, JOHN-HENRY
    2 VERNIERES
    2 VERNIERES, JACQUES
    3 ANGLETERRE
  • A LA MERE THERESE-EMMANUEL O'NEILL
  • O_NEILL_THERESE Emmanuel ra
  • Lavagnac, 12 sept[embre] 1850.
  • 12 sep 1850
  • Lavagnac
  • *Soeur Thérèse-Emmanuel.*
La lettre

Ma chère fille,

Permettez-moi de vous parler un peu en détail du prêtre que je vous destine. D’abord celui sur lequel je comptais ne peut venir, mais sous certain rapport peut-être aurai-je mieux que cela. C’est un prêtre de 35 à 36 [ans], très bien portant, accoutumé à la vie de curé, et, par conséquent, peu difficile pour le confortable. Malheureusement il ne sait pas l’anglais. Mais voici ce qui pourrait arranger bien des choses. Ce prêtre est depuis quelques mois seulement chez moi, il veut être un jour assomptioniste. Or je pourrais le garder ici jusqu’au printemps prochain, je lui ferais finir son noviciat et je ne l’emploierais pas à autre chose qu’à faire de l’anglais. Par ce moyen il vous arriverait capable au moins d’entendre les confessions. Il me semble qu’il serait bientôt en état de prêcher. Sans être un aigle, c’est pourtant un homme intelligent. Je crois vous avoir déjà dit qu’il avait un très bon caractère. Du reste s’il ne vous allait pas, au bout de quelque temps il vous serait très facile de nous le renvoyer.

Quant aux conditions, il n’y en aurait pas d’autres que de vous charger de son entretien. Il n’a pas d’autre exigence que d’avoir besoin de huit heures de sommeil. A part cela, c’est un homme très sobre et accoutumé à une vie dure. Comme économie, il vous serait encore utile de l’avoir. Je compterais sur vous, ma chère fille, pour le maintenir dans l’esprit religieux et pour le pousser dans le bien. Il vous le rendrait, je n’en doute pas, par sa bonne volonté.

La difficulté que vous avez à vous procurer un aumônier vous prouve la nécessité de nous procurer des sujets, que nous puissions préparer un jour à vous servir d’auxiliaires. Vous serez bien plus fortes, quand les prêtres que nous pourrons vous procurer seront tout à fait des vôtres. Alors il n’y aura qu’un même esprit. Je vous préviens que je vais inspirer à M. l’abbé Vernières, (c’est le frère de celui que vous avez connu,) une haute idée de votre sagesse et prudence, afin qu’il vous consulte avec une confiance sans limites. N’allez pas vous aviser de le désillusionner sur ce point.

Je veux encore écrire à notre Mère, et c’est pour cela que je m’arrête. Je me recommande à vos prières et à celles de vos Soeurs.

Mille fois à vous en Notre-Seigneur.

M. V[ernières] pourrait biner, – mais peut-être ne serait-ce pas nécessaire – si l’on ne voulait rien demander à la duchesse de Leeds. Je suis si désireux de vous préparer des frères pour aumôniers que si vous connaissiez quelque jeune homme capable et qui n’eût pas les moyens d’être élevé, je le prendrais avec moi, je me chargerais de lui entièrement; mais il faudrait qu’il eût la vocation ecclésiastique. Peut-être les Jésuites ou les Oratoriens en connaîtraient-ils. Si vous écriviez à M. Newman ? Un homme comme lui doit avoir bien du monde à placer.

E.D'ALZON.
Notes et post-scriptum