Je viens d’avoir encore(1) une scène de Juliette.
Quelle tête, bon Dieu!
A présent elle dit que si du premier coup Louise avait écrit qu’elle voulait que ses droits fussent respectés, tout eût été arrangé.
Vous pouvez compter qu’ils ne laisseront pas sortir un sou. A cela je réponds: Louise vendra son titre, ce qui se fait tous les jours. Il est important que Louise soit au courant de tout, et, croyez-moi, c’est à elle à montrer les dents. Je pense que la charité bien entendue veut que le couvent n’ait pas l’air de forcer la main à Louise.
Le fond de la pensée est que l’argent sorti de la famille n’y rentrera plus. Il faut que Louise s’explique avec les siens. J’ai donné à entendre qu’elle était un peu blessée, et c’est la seule corde par où vous les prendrez.
Que Louise écrive une lettre dont voici le texte:
« Je m’en rapporte à mon frère pour le partage.
« Je veux avoir ce que la loi me donne.
« Je ferai ensuite pour ma famille ce que je jugerai à propos, selon que je serai contente des procédés. »
Une lettre en ce sens, bien catégorique, aplanira bien des choses(2).
Il est sûr qu’il y a plutôt 90 que 80.000 francs.
D’autre part, les intentions de M. Combié viennent tout à coup; je n’en avais jamais entendu parler et Juliette me disait qu’elle pressait son père de mettre en biens fonds la portion de Louise.
Je viens de faire donner un bon savon à M. Conte(3), qui aurait dit des paroles imprudentes et que toutefois il nie très formellement.
J’ai touché ce matin 1.500 francs de Mlle Saben(4) et vais les faire donner encore à vos entrepreneurs. Mais pourrez-vous à la fin du mois acquitter vos actions? Je voudrais bien vous trouver de l’argent. La combinaison que j’avais cru trouver ne se réalise pas. Il y a toujours un déficit de 10.000 francs.
Adieu, ma fille. Je n’ai que le temps de vous parler de ces tristes affaires.

