DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.46

Ma chère fille,

Ma lettre à Soeur M.-Aug[ustine](2) roulait sur deux points: 1° En admettant, ce que je ne discutais pas, que vous eussiez des torts, j’examinais tous ceux qu’elle avait eus dans ses rapports avec vous, non pas à votre égard, mais envers Notre-Seigneur. 2° Je lui témoignais que je la verrais avec plaisir à Nîmes. Elle m’écrivait pour savoir si je ne serais pas ennuyé de sa présence. Je terminais en lui disant que j’étais touché de voir que, tout en sachant mon immense affection pour vous, elle comptait assez sur ma loyauté pour me croire capable de lui faire du bien. Il semble que ce terrain était le même où je pense la conduire.

Le P. Hippolyte m’inquiète, en effet, mais nous l’avons mis au lait d’ânesse et nous le forçons à se soigner(3).

Vos constructions avancent et seront réellement très bien.

Il faut bien se décider à s’occuper du jardin, au moins pour les allées qui seront le long du chemin qui conduit dans la plaine. Je vois le moyen d’avoir de la terre pour faire mettre contre les murs, comme vous l’avez désiré, mais cela coûtera un peu de transport. Faut-il y mettre la main?

Adieu, ma fille. Il y avait un siècle que je n’avais eu de vos nouvelles. Quand elles me manquent, il me manque très positivement quelque chose. J’offre bien cette privation à Dieu, mais croyez que je la sens. Faites-moi donner de vos nouvelles, quand vous ne pourrez pas écrire.