Ma bien chère enfant,
Puisque vous êtes plus calme, laissez-moi vous faire observer trois pertes énormes que le diable vous fait subir, avec tous les troubles où il vous jette et où vous vous laissez jeter.
1° Vous perdez votre temps et vous souffrez inutilement.
2° Vous ne faites pas une foule d’excellentes choses, dont vous pourriez vous occuper, si vous leur réserviez vos forces et si vous ne dépensiez pas votre énergie en soulèvements, révoltes, tristesses, découragements, dont le diable doit être content et votre ange gardien fort triste.
3° Vous ne vous sanctifiez pas; au contraire.
Il serait temps de vous dire: « Le nombre de mes jours est compté. Je puis les employer par la prière, la patience et les bonnes oeuvres, à augmenter mon trésor dans le ciel. Je n’écouterai plus les folies de mon imagination et de mon coeur et j’irai tout de bon au positif de l’ordre surnaturel ». Lisez et relisez la règle des Adoratrices(1). Je la trouve un peu forte, malgré les quinze ou vingt pages de ce que vous y aviez mis dans le temps et que nous avons supprimé. Dimanche, on me dira si décidément on veut tout prendre, et si, comme je le suppose, on accepte tout, je serai désormais très inflexible pour l’observation absolue des divers points. Bien entendu que si l’on me demande q[uel]q[ue] adoucissement, je l’accorderai, mais, à partir de dimanche, je n’accorderai que des choses plus sévères. Voyez comme je suis! Il est vrai que cette petite Association me tient toujours plus à coeur, et que j’en espère beaucoup pour la gloire de N.-S.
Adieu, ma fille. Tout vôtre en N.-S.

