Ma chère fille,
Votre long silence(1) me préoccupe et je vous conjure de me faire savoir ce que vous devenez. Soeur M.-Walburge ne peut-elle pas me répondre, de votre part, à un assez grand nombre de questions, que je désire voir résolues par vous?
Mlle Coirard(2) a perdu sa tante et désire entrer sur-le-champ. Je lui ai promis qu’on lui garderait ses meubles, afin que si sa santé ne lui permettait pas de rester, elle pût les avoir. On fera ce qu’on voudra de cette fille par le coeur; elle a besoin de s’attacher à une famille. Je pense que Mlle Varin entrera samedi(3).
On travaille au jardin potager. Une fois le puits voulu par M. Revoil fait, le puits à roue, qui est près du couvent, devient inutile. Il faudrait une réparation de 800 à 900 francs, dit-on, tandis que le puits le plus élevé peut très bien aller avec une réparation de 60 francs et une rigole qui en coûtera environ 250.
Adieu, ma fille. Je suis sous le coup de feu de la rentrée(4). Priez pour nous.

