Ma bien chère fille,
Merci de tant vous occuper de ma santé! Je suis enrhumé et un peu fatigué de mon vilain côté. Quant à vous, ma bien bonne fille, vous avez sans doute grand et très grand besoin d’être portée, mais je crains que vous ne cherchiez trop l’appui pour l’appui lui-même. Ah! si nous pouvions ne chercher que Dieu! Voilà mon impression par rapport à vous. Il vous faut combattre toute envie un peu exagérée de vouloir le contentement humain de la consolation, qui vient de votre père ou de votre mère. Croyez-moi, votre devise devrait être Sursum corda, et sans cesse vous devriez l’avoir à la bouche et surtout au coeur.
Souvenez-vous que vous avez besoin de faire bien pénitence, d’être bien humble, bien petite, bien rien du tout, et par conséquent bien obéissante. Tenez-vous, douce voie (?) au divin Maître, pensez à lui tout le long du jour dans une grande paix et liberté d’esprit et de coeur.
Adieu, mon enfant. Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.

