DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.187

Quand ne chercherons-nous que Dieu seul? – La fermeté dont il fait preuve à son égard est le meilleur moyen de lui prouver combien il tient à son salut.

Ma bien chère enfant,

Je suis réellement très peiné de vous avoir fait plus de mal que de bien par ma dernière lettre. Je voudrais vous voir commencer à prendre une marche un peu ferme vers Notre-Seigneur. Ah! mon enfant, quand ne chercherons-nous que lui seul, sans nous reposer trop mollement entre les bras de ceux qui veulent nous porter vers lui? Pourquoi ne nous oublions-nous pas un peu plus pour penser davantage à Notre-Seigneur? C’est là une très grande perte de temps que notre préoccupation personnelle, et ne vaudrait-il pas mieux songer avec un peu plus de tendresse obstinée à celui à qui nous avons donné tout notre coeur? Je voudrais vous répéter sans cesse: « Pensez à Dieu, pensez à Dieu et pensez un peu moins à vous. » Voilà ce qu’il faudrait vous bien mettre dans l’esprit.

Je suis heureux de savoir que vous vous mettez à suivre plus exactement la règle. Cela finira par vous donner une certaine énergie. Je vous conjure de continuer à m’écrire pour vous dégonfler le coeur, autant que vous le souhaiterez et que vous croirez que cela vous fait du bien. Mais vous me permettrez de persévérer dans ma fermeté: c’est le meilleur moyen de vous prouver combien je tiens à votre salut.

Adieu, ma fille. Tout vôtre en Notre-Seigneur.