Ma bien chère fille,
Si vous n’êtes pas partie, ne venez donc pas de si tôt, je vais passer le commencement de février à Paris. Une chose me rassure, c’est que vous mettez toujours quelques retards à vos projets. Je suis à Alais à prêcher une retraite(2). J’espère bien que nous ne jouerons pas à cache-cache et que je pourrai vous voir quand vous serez à Nîmes. Il est bien vrai que vous êtes une très méchante fille, mais je vous le pardonne, avec l’espoir de vous revoir. Ici, nous sommes tout préoccupés de la situation du Saint-Père, et nous nous posons assez vigoureusement(3). Les prudents ne sont pas de mise(4). C’est la révolution en face de l’Eglise, et on fait peu de cas des gens du milieu.
Adieu, ma fille. Je vous souhaite un esprit catholique, et suis tout vôtre avec la plus tendre affection.

