DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.215

L’abbé Barnouin ne nous a pas surpris. – Il souhaite l’avis du conseil sur le P. Cusse dont le comportement l’inquiète.

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DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.215
Orig.ms. ACR, AE 88; D’A., T.D. 25, n. 88, p. 77.

[Nîmes, vers le 6 mars 1860](1).
6 mar 1860
Nîmes
*Père Picard*.

Grâces à Dieu, mon cher ami, l’abbé B[arnouin] ne nous a pas surpris, et nous n’avons fait que l’écouter(2). Prions Dieu de faire que quelque chose se décide. J’ai des inquiétudes pour le P. Cusse et je voudrais que les membres du conseil me donnassent leur avis. Il ne fait plus rien, veut partir, traite d’âne le P. Hipp[olyte], est mécontent de tout et de quelque autre chose encore, agace tous les religieux auxquels, grâces au ciel, il ne fait plus de mal. Son influence est nulle; mais il est terrible d’avoir un individu toujours mécontent, toujours hors de la règle, toujours parlant de choses contraires à l’esprit religieux. Pensez-y et parlez-en aux membres du conseil qui sont à Paris(3).

Adieu. Tout vôtre.

1. Réponse à une lettre du 4 mars. 2. L’abbé Barnouin, qu’à Nîmes on surnomme « la Gazette du Midi », entendant parler de la vente de Clichy, s’était aussitôt emballé pour un rachat du collège de Nîmes avec l’argent provenant de cette vente. 3. Par conseil, il faut sans doute entendre les religieux qui, en attendant l’approbation définitive des constitutions, avaient été désignés par le dernier chapitre général (1858) comme membres des chapitres généraux, à savoir les PP. Brun, Picard, Saugrain, Pernet, Tissot et Laurent. Quelques jours plus tard, le P. Laurent communiquera au P. d’Alzon l’avis « à peu près unanime » des membres du conseil: la congrégation doit épuiser tous les moyens convenables pour retenir le P. Cusse, mais s’il s’obstine, on peut lui laisser toute sa liberté. Il ajoutait que, pour son compte, redoutant l’esprit « cussifère », il préférerait qu’il ne revienne pas à Clichy, mais que, s’il revenait, il serait accueilli avec toute la charité possible (lettre du 13 mars).