Madame,
L’obligation d’accompagner mon neveu à Marseille, où il s’est embarqué pour Rome afin de se mettre à la disposition du Saint-Père, et des voyages faits coup sur coup à Montpellier, où la santé de ma soeur me donne des craintes sans espoir désormais, voilà ce qui m’a empêché de vous dire plus tôt que j’avais remis à Monseigneur les notes que nous avions rédigées de concert, que je l’avais entretenu plusieurs fois de l’oeuvre des Tabernacles(1), mais qu’il était si occupé à ces moments qu’il remit toujours à une autre époque de préparer le règlement que vous désirez. Quoique je sois un peu ennuyé de ces involontaires retards, je ne m’en préoccupe pas outre mesure. J’avais peur de ne pouvoir assister à la retraite pastorale; j’y assisterai et je pourrai présenter à Monseigneur un plan de règlement, que je préparerai pendant un voyage que je devais faire avec lui et que je ne ferai pas, à cause de l’état de ma soeur qui peut nous être enlevée d’un moment à l’autre(2).
La supérieure g[énéra]le est arrivée ici avant-hier, sans que je l’attendisse. Elle sera toute la semaine prochaine à vos ordres, ici, et si vous voulez aller à Paris, je pense que vous l’y trouverez tout le mois d’août. Ce voyage a été fait pour une grosse affaire qui ne concerne pas Nîmes(3), mais où elle a été bien aise de causer avec moi. Si elle fût venue ici directement, je ne doute pas qu’elle eût amené Mlle Isaure; mais tout a été fait si promptement qu’au moment où elle arrivait, je jetais pour elle une lettre à la poste, adressée à Paris. J’espère vous voir la semaine prochaine, et je renvoie à cette époque de causer avec vous.
Veuillez agréer, Madame, l’hommage de mon plus respectueux dévouement.

