DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.384

1 jan 1861 Lavagnac MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

Sa première lettre de l’année est pour elle. – Il faut oublier ses propres douleurs en face de celles de l’Eglise. – Deux natures aussi différentes que celles de Soeur M.-Bernard et de Soeur M.-Emmanuel sont difficiles à allier. – Il pense qu’il lui sera facile de placer sa créance. – Que l’année 1861 nous voie faire de grands progrès dans la vie d’union à N.S., terme de notre amitié.

Informations générales
  • DR03_384
  • 1534
  • DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.384
  • Orig.ms. ACR, AD 1274; D'A., T.D. 23, n. 654, p. 1.
Informations détaillées
  • 1 CREANCES A PAYER
    1 EPREUVES DE L'EGLISE
    1 VIN
    2 ALZON, AUGUSTINE D'
    2 ALZON, MADAME HENRI D'
    2 EVERLANGE, MARIE-EMMANUEL D'
    2 HAY, MARIE-BERNARD
    2 PIE IX
    2 VALMALE
    3 LAVAGNAC
    3 MONTAGNAC
  • A la Mère Marie-Eugénie de Jésus
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • Lavagnac, 1er janvier [1861].
  • 1 jan 1861
  • Lavagnac
La lettre

Ma chère fille,

Je veux que ma première lettre de l’année soit pour vous, et vous porte tous mes voeux pour vous et vos filles. Elle clôt pour moi des jours bien tristes. Mais quels jours vont s’ouvrir pour les fils de l’Eglise? Car il faut oublier ses douleurs personnelles en face des grandes douleurs que Dieu envoie à notre mère commune(1).

Je n’ai pas encore répondu à Soeur M.-Bernard. Je tâcherai de lui parler dans le sens que vous m’indiquez, mais je crains bien que vous ne veniez jamais à bout d’allier deux natures aussi différentes que la sienne et celle de Soeur M.-Emmanuel(2).

Demain nous réglons nos affaires. Je crois que tout le monde sera content. Il me sera facile de placer ici ma créance(3), je l’espère au moins, parce que les terres acquièrent ici une telle valeur que personne ne veut vendre, et qu’il est arrivé des sommes fabuleuses dans le pays par la vente des vins. On prétend qu’à Montagnac seulement on en a vendu pour trois millions. Ceci est exagéré, mais prouve du moins qu’on en a beaucoup vendu et qu’on a par conséquent beaucoup gagné.

Adieu, ma fille. Tout vôtre, avec un bien tendre désir que l’année 1861 nous voie faire de grands progrès dans cette vie unie à Notre-Seigneur, qui est le terme de notre amitié.

E.D'ALZON.
Notes et post-scriptum
Pour ne pas trop charger ma lettre, je vous renverrai celle que vous me demandez(4) par le prochain courrier. En voici pour aujourd'hui une feuille.1. L'année qui vient de s'achever a été marquée pour le P. d'Alzon par le décès de sa soeur Augustine et celui de sa mère. Celle qui s'ouvre est lourde de menaces pour l'Eglise: situation du pape à Rome, politique ecclésiastique du gouvernement français.
2. Soeur M.-Emmanuel d'Everlange faisait partie de la communauté de Londres des Religieuses de l'Assomption, dont Soeur M.-Bernard Hay était la supérieure.
3. Créance de 90.000 francs qui échut au P. d'Alzon lors du partage de la succession de sa mère. C'était "la somme qui restait due par le Sieur Valmale sur le prix du domaine d'Anglas" (Acte de partage du 3 janvier 1861, DK 55).
4. La lettre de Mère Marie-Eugénie du 26 décembre 1860, où elle lui expose sa façon de voir en ce qui concerne les rapports difficiles de Soeur M.-Bernard et de Soeur M.-Emmanuel.