DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.394

Il est bon de revenir sur le passé pour ne pas se faire illusion sur le présent. – Il n’a pas encore de local pour les Soeurs de la Charité de leur futur orphelinat. – Trois frères qui veulent être religieux. – Un autre essai d’orphelinat. – Il espère la voir bientôt. – Il attend…

Hélas! Madame, que vos réflexions sont justes et qu’il est bon, quoique douloureux, de revenir sur le passé et sur les vides qui s’y sont faits pour ne pas se faire illusion sur le présent! Je voudrais bien pouvoir employer du premier coup les Soeurs de la Charité pour notre futur orphelinat; mais il y a un obstacle matériel, c’est le local que je n’ai pas encore pour les loger. J’ai trois jeunes gens qui veulent être religieux. Leur père, très habile fermier, les dirige; la mère leur fera la cuisine tant qu’il sera nécessaire, se retirera quand nous serons en communauté. Avant de venir chez moi, ils avaient par charité adopté un orphelin; ils en prendront tant que je voudrais leur en donner(1). Ils étaient sur le point d’aller en Afrique, chez un de mes amis, chef d’une colonie agricole.

Ici, on va faire aussi un essai, tout près de la jonction du chemin de fer d’Alais au chemin de Beaucaire. Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul s’en chargent. Je compte aller souvent les visiter(2). Je n’ose espérer aller, cette fois, à Servas, mais probablement avant le 2 février j’irai voir l’abbé Combalot et vous offrir mes hommages.

Veuillez, Madame, agréer l’hommage de mon plus respectueux dévouement.