Mon cher ami,
Me voilà depuis avant-hier de retour de Rome et ravi de mon voyage. Il est convenu que, s’il y a une révolution, les Augustins nous donnent tous les professeurs nécessaires; que si, au mois d’octobre, les choses semblent prendre bonne tournure, les Polonais nous sous-louent deux étages de leur maison, nous prennent en pension soit avec eux, soit dans notre réfectoire. La dépense des professeurs ici ou de nos étudiants là-bas est la même, et tout le monde à Rome m’a poussé à y envoyer nos jeunes gens.
Chaillot va être très probablement assesseur, peut-être secrétaire de la Congrégation des évêques et réguliers. Il m’offre de réduire à un an le noviciat du Fr. Vincent de Paul, pour lui permettre d’être à la tête de notre petite maison, si nous en avons une à Rome.
Quant à la reconnaissance du P. O’Donnell(1), attendez qu’il vous en parle et alors vous lui direz tout mon étonnement de ce qu’il agit ainsi; que je n’ai point pris de reconnaissance, quand j’ai donné un peu plus qu’il ne donne; que le P. Laurent n’en a pas demandé pour des sommes cent fois plus considérables que la sienne et qui légalement lui appartiendraient; que si nous attendons, il peut bien attendre; que, dans tous les cas, il m’écrive.
Je vous écrirai encore ces jours-ci. Adieu.

