Me voici au Mans depuis quelques heures, mon cher enfant, et, puisque je vous suppose supérieur de la maison(1), il faut que vous en subissiez les obligations, parmi lesquelles je ne considère pas comme la moindre l’obligation de me lire. Il faut que vous le sachiez, je suis si humble que je me trouve assez souvent indéchiffrable. Peut-être que je me trompe. Enfin, me voilà arrivé sain et sauf. Je ne me suis point arrêté à Bordeaux, parce que j’étais un peu fatigué par l’excessive chaleur. Ici, il fait frais sous tous les rapports. Quid dicam, et quid non dicam? Vous avez connu le Père Moreau(2), de Sainte-Croix du Mans. Je porte à votre connaissance qu’il a la colique. Mgr Nanquette est plein de bonté pour moi; son neveu m’a demandé de vos nouvelles, et, petit ingrat, vous ne m’avez donné aucune commission pour lui.
Vous direz à tous les Frères ce que je leur ai déjà dit, que le Père Galabert absent, c’est vous qui remplissez les fonctions de supérieur et qu’on vous doit obéissance. Vous serez bon prince, mais vous ferez marcher droit.
Adieu, mon cher ami. Tout à vous du fond du coeur.

