DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.499

Le coq et la poule de Mme Saint-Martin. – Qu’elle tienne ses bonnes résolutions. – N.S. la veut mille fois plus sienne. – Il pense que la Mère générale ne tardera pas à aller à Bordeaux.

Ma chère fille,

Les gens de la gare ont escamoté le coq et la poule de Madame Saint-Martin. Veuillez lui dire pourquoi je ne l’ai pas remerciée. Peut-être sont-ils arrivés morts. Si elle a la bonté de m’en donner une autre paire, qu’elle fasse dire le jour où on les mettra en chemin de fer, afin que je les fasse réclamer. Peut-être vaudrait-il mieux attendre que les chaleurs fussent passées(1). Je suis à Lavagnac jusqu’au 15. Vous me faites un grand plaisir de m’apprendre toutes vos bonnes résolutions, il ne reste plus qu’à les tenir. Laissez-vous aller à toute la bonté de Dieu sur vous. Pénétrez-vous le plus possible du sentiment de votre faiblesse. Demandez à Notre-Seigneur une certaine tenue du coeur, que vous n’avez peut-être pas assez. Quoi qu’il en soit, souvenez-vous que Notre-Seigneur vous veut mille fois plus sienne et songez à lui tenir toutes vos promesses.

Adieu, ma fille. Je suis écrasé de lettres. Tout vôtre en Notre-Seigneur.