DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.523

Pourquoi il est ravi de la savoir fort occupée. – A Bordeaux, n’aurait-elle pas trop tout absorbé en elle? Qu’elle y fasse attention à Auteuil. – Qu’elle agisse avec tact en quittant le P. Laurent pour le P. Picard.

Ma bien chère fille,

Je suis, moi, ravi que vous ayez énormément d’ouvrage. Cette multitude d’occupations absorbera mieux votre activité que la manière dont on vous a reproché de vous absorber en quelques personnes ou quelques enfants; surtout si vous réservez un peu de temps pour l’étude et si vous ne préparez pas vos cours trop négligemment.

Vous dites que vous n’avez pas été regrettée à Bordeaux(1). Si cela est, savez-vous quel en serait le motif? C’est que peut-être vous auriez trop tout absorbé en vous, involontairement sans doute; mais enfin on vous a fait ce reproche et je le crois un peu fondé. Je vous en parle, afin que vous y fassiez attention à Auteuil.

Quant au P. Picard, j’approuve tout à fait. Seulement vous profiterez de la première absence du P. Laurent, afin de ne pas trop le planter là sans apparence de raison. Quant à moi, j’aurai toujours du bonheur à être votre père. Je suis de retour d’une absence de quatre jours(2) qui en bonne règle aurait dû se prolonger jusqu’à après-demain. Mais déjà j’ai du travail en retard et c’est pourquoi je suis court.

Adieu et tout vôtre en Notre-Seigneur. Je ne me relis pas, mais je vais bien.