Ma bien chère fille,
Je suis, moi, ravi que vous ayez énormément d’ouvrage. Cette multitude d’occupations absorbera mieux votre activité que la manière dont on vous a reproché de vous absorber en quelques personnes ou quelques enfants; surtout si vous réservez un peu de temps pour l’étude et si vous ne préparez pas vos cours trop négligemment.
Vous dites que vous n’avez pas été regrettée à Bordeaux(1). Si cela est, savez-vous quel en serait le motif? C’est que peut-être vous auriez trop tout absorbé en vous, involontairement sans doute; mais enfin on vous a fait ce reproche et je le crois un peu fondé. Je vous en parle, afin que vous y fassiez attention à Auteuil.
Quant au P. Picard, j’approuve tout à fait. Seulement vous profiterez de la première absence du P. Laurent, afin de ne pas trop le planter là sans apparence de raison. Quant à moi, j’aurai toujours du bonheur à être votre père. Je suis de retour d’une absence de quatre jours(2) qui en bonne règle aurait dû se prolonger jusqu’à après-demain. Mais déjà j’ai du travail en retard et c’est pourquoi je suis court.
Adieu et tout vôtre en Notre-Seigneur. Je ne me relis pas, mais je vais bien.

