Je prêche une retraite(1) et n’ai qu’une minute pour vous dire primo: que je remercie Soeur M.-Antoin[ette] de son envoi, que je la conjure de mettre la main à la seconde retraite(2); ensuite, que Soeur Marie du Sacré-Coeur est arrivée à bon port, puisque j’ai parlé à son beau-frère(3), mais que je ne l’ai pas vue. Dites au P. Picard qu’il a dû recevoir une lettre de Frère Vincent de Paul.
Quant à vous, vous avez très bien fait de prendre un confesseur un peu plus ferme et dont l’énergie soit capable de courber la tête d’une personne de ma connaissance. Priez pour l’Eglise. Nous touchons à de bien graves moments, la persécution semble s’annoncer. Luttez contre vos susceptibilités et votre amour du commandement. Je crois qu’il est fort heureux que vous ayez quitté Bordeaux pour Soeur M.-B[ernard], pour la maison et pour vous surtout, et je vous félicite d’être à Auteuil.
Adieu, ma fille. Je n’ai qu’une minute.

