DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.542

« Je ne vois pas à quoi notre petite Congrégation est bonne si elle ne se compromet pas pour la cause de l’Eglise ». – Il serait heureux de *nous* compromettre, mais désolé de compromettre l’Association de Saint-François de Sales en restant dans son conseil. – L’attitude de l’évêque de Montpellier envers ceux de Nîmes et de…

Mon cher ami,

Je ne vois pas à quoi notre petite Congrégation est bonne, si elle ne se compromet pas pour la cause de l’Eglise. Ainsi je conjure qu’on me laisse au conseil de Saint-François de Sales, s’il ne s’agit que de nous nuire. Si l’on pense que le conseil aura plus de liberté d’action par ma retraite, c’est différent. Je suis très heureux de nous compromettre, je serais désolé de compromettre l’Association en restant dans son conseil. Ainsi, que Mgr de Ségur décide. Quant à vous, restez, à moins qu’on ne vous prie pour un plus grand bien de vous retirer(1).

L’évêque de Nîmes a été, avec celui de Digne, voir Mgr Lecourtier. On lui avait écrit qu’on arriverait à 11 heures pour déjeuner. On l’a trouvé à table. Il n’avait pas envoyé sa voiture à l’embarcadère, ce que font tous les évêques de ces pays-ci pour leurs collègues qui viennent les voir. La visite a duré une heure et demie. A leur retour, Messeigneurs Plantier et Meirieu se sont arrêtés à Lunel pour voir un couvent. On les a reçus, comme on ne recevra plus Monseigneur de Montpellier qui tombe tous les jours(2).

Le P. Félix(3) a inauguré hier sa station de l’Avent. L’église était comble, comme au jour de Pâques. Croyez que si tous les évêques n’ont pas le courage du nôtre, c’est qu’ils n’ont pas, non plus, l’appui que notre population sait prêter.

Enfin, adieu. Prions beaucoup. On ne me tirera pas de l’idée que, dans ces temps-ci, ceux qui veulent être saints ont cent fois plus de grâces qu’en temps ordinaire. Tant pis pour ceux qui insultent Notre-Seigneur, mais tant mieux pour ceux qui se dévouent à le consoler! Le préfet est furieux de la dissolution des Conférences de Nîmes(4). Adieu.