Je vous renvoie, ma chère fille, la lettre de M.-T[ourneur]. Je suis loin d’en être content. Elle respire un air d’égoïsme qui ne me va pas, et quant à la haine(2), je ne puis la trouver bien surnaturelle. Je serai à Paris dans la première semaine de [février](3), sans pouvoir bien en préciser le jour. Je ne vois pas en quoi je pourrais être utile à Paris(4), je crois que je pourrais l’être à Nîmes. Priez le P. Picard de m’écrire tout ce qu’il peut apprendre et de me l’adresser à Alais, sous le couvert de Mme Varin, en cachetant sa lettre enfermée sous l’enveloppe où il mettra l’adresse que je vous donne(5). Ne pourriez-vous pas vous arranger pour venir passer ici le carême?
Mme Bolze m’a enfin promis de laisser partir Hélène; elle lui croit la vocation. Mlle Correnson s’achemine doucement vers vous, mais je ne la crois pas mûre. Les esprits sont tout préoccupés de l’état du Pape. Le peuple parlant de l’empereur dit: « Il fait comme son oncle, il finira comme lui ». Nous eussions eu 50.000 signatures, si nous eussions voulu.
Tout vôtre, ma fille.

