Mon cher ami,
Je croyais vous avoir prié de vous tenir prêt, non vers la fin de mars(2), mais vers la fin du mois. Si j’ai mis mars, c’est une distraction. Si vous étiez parti le 15 janvier, vous eussiez passé la semaine dernière à Londres, et les raisons que vous me faites valoir me semblent compenser peu l’utilité de votre présence à Paris. Le P. Galabert part ce soir. Pourtant, il était ici très utile à la Congrégation elle-même.
Je ne puis vous dissimuler, mon bon ami, la peine que j’éprouve à vous voir heureux surtout loin de vos frères, sur le point de vous en séparer peut-être pour toujours. Puisque je tenais à vous garder quelques mois en Europe, j’aurais cru que, votre temps d’essai à Londres terminé, vous eussiez profité avec joie de l’occasion de passer quelque temps dans votre famille spirituelle. Chacun a le coeur fait à sa façon, mais je suis trop sincère pour ne pas vous dire que je suis attristé de la manière dont le vôtre ne sent pas certaines choses. C’est le seul motif qui me fait vous laisser toute votre liberté d’arriver, quand bon vous semblera.
Tout vôtre en N.-S.

