Vous avez bien raison, ma bien chère fille, j’ai tous les défauts de la terre et je suis le plus triste père que l’on puisse trouver. Aussi je vous engage à me planter là. Toutefois je vous avouerai que je réclame votre compassion. Je suis bien fatigué et j’aurais besoin de repos; je n’en ai guère, je vous assure. Toutes les bonnes choses que vous me dites me vont pourtant au coeur et je voudrais n’avoir pas l’air dur que vous me reprochez. Comment faut-il que je m’y prenne? D’abord, répondre à vos questions. Eh bien, voyons.
Quant à celles sur le jeûne, je ne le puis à distance. Soeur Térèse-Emmanuel] en l’absence de votre Mère générale, fera bien mieux que moi. Puis, vous dites que je ne vous demande pas peu de choses. Mais c’est vrai, y avez-vous travaillé depuis que je vous l’ai demandé? Répondez à la question. Quant à Soeur M. Cath[erine], je suis bien aise de ce que vous m’en dites. Quant à la fatigue causée par votre désir d’avancer, vous vous trompez joliment, si vous croyez que je vais vous en débarrasser. Bien loin de là, soyez-en sûre, je vous veux une sainte à Pâques. Vous faites bien de communier, si votre Mère le permet. Pour cela il y a des questions d’exemple que je ne puis trancher.
Adieu, ma fille. La cloche me dérange. Bien vôtre en Notre-Seigneur.

