DERAEDT, Lettres, vol.4 , p. 113

Il résulte d’une conversation avec M. de Baudicour que le séjour le plus avantageux pour le P. Galabert serait Bucarest. – Ne pourrait-elle demander aux religieuses qu’elle y connaît si elles ne pourraient favoriser la présence du P. Galabert en ce pays? – La retraite commence demain.

Ma chère fille,

Après une conversation de près de trois heures avec M. Louis de Baudicour(1), nous avons conclu, ce que je croyais déjà pour mon compte, que le séjour le plus avantageux pour le P. Galabert serait Bucarest. Or, vous y connaissez des religieuses. Ne pourriez-vous pas leur écrire(2), pour leur demander s’il leur serait possible de favoriser la présence du P. Galabert dans ce pays? Il y a là de très grandes difficultés, mais on peut les surmonter, je le crois du moins. Il est évident que, de longtemps, le P. Galabert n’aurait qu’à dire la messe. Du reste, il pourrait peut-être leur servir d’aumônier. Il paraît que le valaque ressemble beaucoup au patois provençal. Dès lors ce serait une facilité pour le P. Galabert. La Valachie et la Moldavie étaient jadis provinces bulgares, et Bucarest n’est qu’à [une] demi-journée de la Bulgarie proprement dite. A Andrinople ou Philippopoli, on en est tout aussi loin.

Adieu, ma chère fille. Il me tarde beaucoup de vous voir pour nous entendre sur ce que vous pourrez faire avec vos filles, pour nous, dans ces lointaines contrées(3). Priez pour la retraite qui commence demain(4). Tout vôtre en Notre-Seigneur.