Quoique je me propose de vous écrire lundi prochain, je veux pourtant vous dire deux petits mots aujourd’hui pour réparer mon oubli de lundi dernier. Mais il faut m’excuser; je n’étais [pas] encore dépétré de la queue de ma retraite. Vos histoires sont charmantes. Ici nous n’en avons pas d’aussi jolies, sauf le Fr. Marie qui s’accuse d’avoir cassé un certain pot, mais qui ajoute la main sur le coeur: zé né lé pas fét exprés; ce qui force le P. Hippolyte, moi absent, à mettre tout le noviciat en pénitence, à cause du rire homérique. Au dit noviciat, rien de neuf; aussi, après avoir félicité le Fr. Augustin et le Fr. Em[manuel]-Jos[eph] de s’être si bien comportés pendant les vacances et au retour, je passe aux affaires sérieuses.
1° Où en êtes-vous avec les Polonais? Ne parlez pas plus qu’il ne faut avec le P. Jérôme, mais montrez-lui qu’il a été impossible que la maladie du P. Pierre suspendît notre chapitre; que maintenant la santé si compromise du P. Hubé, du P. Pierre, du P. Alexandre(1), le laisse tout seul des anciens; que c’est lui seul à qui nous tenons; que les novices nous arrivent; que nous tenons à l’unité d’esprit et que, par conséquent, s’il croit que la réunion ne puisse se faire qu’en nous absorbant en eux, ce n’est plus la peine d’y songer – nous avons 6 novices, nous en attendons sous très peu un septième, et plusieurs autres ensuite -; que j’ai été très heureux de le mettre à même de commencer l’oeuvre de Bulgarie par les renseignements que je lui ai fournis; que je lui cède très volontiers la Bulgarie proprement dite, sauf Philippopoli(2); que le P. Galabert va partir pour Bucarest, preuve que je ne me dépars pas de mes premières propositions; que si les deux Congrégations doivent travailler à part, ce doit être comme des Congrégations soeurs.
Voyez aussi l’affaire du logement pour l’an prochain. Je crois devoir vous remettre ici ma lettre pour Mgr Simeoni, dont vous pourrez prendre une copie. L’affaire des Augustins va et vient dans mon esprit. Une simple affiliation ne serait-elle pas préférable? Je prie Dieu de m’éclairer et je ne sais que dire. Il me semble toujours que nous devons être religieux et non pas ermites de Saint-Augustin.

