Bien cher ami,
1° Voici une lettre pour le P. 0′ Donnell.
2° Voyez avec M. Soubiranne si, malgré mon avertissement, je puis espérer un passage gratuit. Il importe de le savoir au plus tôt, parce que je verrais d’un autre côté.
3° Si M. Soubiranne pensait qu’en donnant à M. Drouyn de Lhuys communication d’une lettre adressée par moi au ministre de l’Intérieur les choses peuvent s’arranger, j’enverrais copie de cette lettre(1).
4° Priez le P. Laurent de me renvoyer au plus tôt la copie du Directoire que je lui avais prêtée. Je ne lui demande pas son avis. Je présume qu’il n’a pas eu le temps de le lire, mais je n’ai pas le temps d’attendre. Cette copie m’est nécessaire.
Voici le plan général de ma campagne contre la préfecture. On veut faire insulter les cléricaux par le Fils de Giboyer. Libre à Paris; à Nîmes, non. J’écris au Procureur général confidentiellement pour protester(2). On pose des affiches. J’envoie une lettre à l’Opinion. On m’avertit. J’écris au ministre de l’Intérieur. La lettre restera secrète, si Giboyer n’est pas joué; si on le joue, je publie la lettre en brochure(3). Si on l’attaque, j’appelle Berryer(4) pour me défendre. Voilà la marche que je me propose de suivre. Les bourgeois m’ont blâmé, mais le peuple est dans le ravissement.
Adieu, cher ami. J’ai autre chose à vous dire, mais je l’oublie. Tout à vous.

