DERAEDT, Lettres, vol.4 , p. 176

Qu’il fasse ses plus tendres compliments à M. Boré, qui lui offre une si généreuse hospitalité. – Une trentaine d’ornements bulgares. – Après l’avertissement reçu, obtiendra-t-il le passage gratuit? – Le mouvement catholique en Serbie. – A un collège il préférerait presque des fermes agricoles. – Ses lettres sont très intéressantes. – Nouvelles diverses. -…

Mon bien cher ami,

La première chose que je vous recommande, c’est de faire mes plus tendres compliments à M. Boré qui vous offre une si généreuse hospitalité. Voyez avec Mgr Brunoni s’il est convenable que vous en profitiez longtemps. Je pense vous apporter ou recevoir pendant mon séjour à C[onstantino]p[le] une trentaine d’ornements bulgares. Il me semble que ce ne sera pas si mal.

L’avertissement que j’ai reçu empêchera peut-être que j’aie le passage gratuit. Enfin, nous ferons ce que nous pourrons. Il paraît que le mouvement catholique serait peut-être plus remarquable en Serbie qu’ailleurs. Dieu semble se jouer de toutes nos idées. Un missionnaire(1), qui vient de passer un an dans ces pays et que j’ai hébergé, me donnait des détails étonnants. Il faut beaucoup prier. Figurez-vous que les évêques lui font des avances, et les popes aussi.

Où allons-nous avec un collège(2)? Et, d’autre part, quel temps faudrait-il pour y trouver des vocations? Je préférerais presque des fermes agricoles, d’où l’on tirerait les plus intelligents pour les faire étudier. Nous examinerons cela sur les lieux. Mais comment avoir des élèves sans dictionnaire ni grammaire? Tout cela me semble un peu difficile à combiner. N’oubliez pas d’offrir mes hommages à Mes Seigneurs Brunoni et Hassoun. Vos lettres sont très intéressantes, et je vous conjure de m’en écrire souvent de semblables.

Ici, rien de bien neuf. L’abbé Henri est curé de Remoulins. Le pauvre abbé Serre attend en vain son titre de chanoine. Nîmes est en émoi pour savoir si l’on jouera Le Fils de Giboyer. Le pauvre P. Pernet est sur les dents(3). Cusse m’écrit toujours, comme s’il faisait partie de notre [Congrégation](4). Je finis par ne pas lui répondre. Quant au P. Brun(5), nous n’en avons encore rien reçu, mais ce n’est pas étonnant. Le P. Picard est toujours assez faible. Mlle de Régis a reçu votre billet. Je vous laisse manger à votre [aise] le toulou et boire le kali (6), à condition que vous m’en dispenserez.

Adieu, cher ami. Tout à vous du fond du coeur.