DERAEDT, Lettres, vol.4 , p. 209

Pour M. Soubiranne: l’affaire de la Bulgarie subit une crise; les écoles à Constantinople sont le seul principe du développement catholique; il va préparer un séminaire pour les Latins, les Grecs et les Bulgares, qui doit encore être mûri, et pour lequel il compte sur l’aide des Ecoles d’Orient. – Il a eu d’assez violents…

Mon cher ami,

Constantinople est un pays bien intéressant à étudier; aussi je remercie Dieu de tout mon coeur d’avoir permis que je pusse y venir. Veuillez aller trouver M. Soubiranne.

1° Vous le prierez de me procurer un billet de retour.

2° Vous lui direz que l’affaire de la Bulgarie subit une crise depuis mon arrivée ici. Les Bulgares ont fait trois ou quatre émeutes intérieures. Leur chancelier a épousé la fille d’un prêtre et voudrait que l’on fît son beau-père évêque(1). On s’agite beaucoup autour de cette idée. Heureusement Aali-Pacha(2) a déclaré à Mgr Hassoun qu’il ne permettrait pas longtemps qu’un des leurs fût à la tête de la nation. On va leur donner M. Malczinski, prêtre polonais, prêtre très capable qui a pris leur rite, mais dont ils redoutent la fermeté et dont ils ne veulent pas à cause de cela.

3° Que les écoles à Constantinople sont la véritable force et le seul principe du développement catholique – il faut ajouter, et de l’influence française -, que les turpitudes de la guerre de Crimée et la nullité de l’ambassadeur ont complètement ruinée. Savez-vous à quoi s’occupe celui-ci? A copier les rôles d’une comédie jouée avant-hier à l’ambassade et intitulée: L’homme qui court après les femmes.

4° Que de concert avec Monseigneur, je vais m’occuper à préparer un séminaire pour les Latins, les Grecs et les Bulgares; ce qui manque complètement. Il faudra compter un peu sur l’Oeuvre des Ecoles d’Orient. Du reste, [ce] projet est trop grave pour ne pas être très longuement mûri. Je vous charge d’en faire part à M. Soubiranne. Mais en le priant d’en peu parler, vous pourrez en dire un mot au P. Petétot, à qui j’offre mes très humbles hommages.

J’ai eu, ces jours-ci, d’assez violents maux de tête. C’est pour cela que, ce soir, je tiens à être court.

Adieu, cher ami. Totus tibi.