Cher ami,
Voici un procès-verbal, que je vous prie d’examiner avec le P. Laurent. Vous voudrez bien l’examiner, donner votre avis et le renvoyer(1).
Il est évident que, selon moi, le Fr. Léonard est moins apte à être religieux que le Fr. Pierre, que vous ajournez. Toutefois, je suis à savoir si en nommant une nouvelle Commission, je ne pourrai pas faire passer le Fr. Pierre au noviciat; car enfin j’ai l’opinion de six contre deux, les Pères Hip[polyte], Raph[aël], Gal[abert], Pernet, V[incent] de P[aul] et la mienne contre vous deux. Ces six le connaissent, et vous, vous ne le connaissez pas. C’est une question de principe que vous posez, la question d’âge. On vous répond que partout, chez les Jésuites, les Dominicains, les Frères des écoles, on donne l’habit même plus tôt. Chez les Bénédictins, c’est bien plus; on le donne à des enfants. Vous n’acceptez pas cela. Que voulez-vous? Il y aura de très grosses choses là-derrière. Un jeune homme aura fini ses études littéraires à quinze ans. S’il faisait son noviciat aussitôt, il aurait ensuite plus de temps pour faire ses études philosophiques et littéraires(2). Mais comme il faudra qu’il coupe ses études entre-deux, ou qu’il attende d’avoir fini sa théologie pour faire ses voeux, ceci est en opposition avec toutes les règles. Faites-y attention. Notre règle à nous a-t-elle fixé une époque, avant laquelle il soit défendu de donner l’habit? Je ne connais, moi, que le concile de Trente. Faites-y attention, ou le Fr. Pierre se trouvera avoir pour ses voeux un an de plus que ce qu’exige le concile de Trente(3). Pensez-y et répondez(4).
Totus tibi.

