Votre lettre(1) est arrivée trop tard à Poitiers; je ne l’ai reçue qu’il y a deux heures. Je réponds en toute hâte.
1° Plaignons ceux qui se retirent, mais ne les regrettons pas(2).
2° Villaret a eu la défense la plus absolue d’aller chez Mlle C[oulomb]. Les novices religieux ne doivent pas aller au parloir plus que tous les quinze jours. Je défends qu’il y aille plus souvent. Je croyais avoir donné des ordres précis.
3° Quant aux autres, que voulez-vous? Vous m’avez confirmé, une fois de plus, l’incapacité du P. Pernet. Quant à l’emprunt, nous le ferons si c’est nécessaire, toutefois, j’espère bien l’éviter à l’aide de certaines combinaisons.
4° Quant à Mme B[ardonnenche], il faut lui savoir gré de son dévouement(3). Nous avons passé une année très difficile. On me menaçait de 20.000 francs de déficit dans le budjet approximatif. Gagnons un peu de temps, et bien des choses s’arrangeront. Vous êtes jeune, mon fils, et ne savez pas que le contrepoids du zèle est la patience(4).
5° Quant à de nouveaux novices, nous en avons d’excellents qui se mitonnent. Les nôtres sont de vrais enfants. Parlez-leur de mon embarras de mettre avec eux des gens qui aient le sens commun. Un prêtre de Marvéjols – est-ce celui dont vous m’avez parlé? – n’attend que mon arrivée pour aller à Nîmes. On me parle d’un prêtre anglais qui a très bonne façon, si j’en juge par quelques moments que j’ai passés avec lui. Enfin, d’autres personnes que je ne puis pas nommer.
6° Veuillez dire à nos jeunes gens, avec le charme qui vous caractérise, que je préfère que l’on quitte plutôt que de ne pas marcher droit.
7° Je veux savoir qui faisait les lettres de l’ex-Frère Jules(5).
8° Ayez la bonté de m’expédier une douzaine, sinon deux, de mes discours.
Adieu, bien cher ami. J’ai hâte de retourner à Nîmes. J’y serai le 10 ou le 11. Tout vôtre, et du fond du coeur.

